
Le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) a exprimé, ce mardi, sa vive inquiétude face à la détérioration continue des droits fondamentaux en Haïti, dans un contexte marqué par une crise sécuritaire, humanitaire et économique sans précédent. Lors d’une conférence de presse, l’organisation a également dénoncé les conséquences potentielles de la suspension du Temporary Protected Status (TPS) pour les ressortissants haïtiens aux États-Unis.
Le GARR rappelle que plus d’un million de personnes sont actuellement déplacées à l’intérieur du pays en raison de la violence des groupes armés. Ces déplacés vivent, pour la plupart, dans des camps de fortune ou des espaces publics, dans des conditions extrêmement précaires, sans accès suffisant à l’eau potable, aux soins de santé, à l’assainissement ou à d’autres services essentiels.
L’organisation estime que la multiplication des déportations risque d’aggraver davantage cette crise. Selon ses responsables, Haïti ne dispose ni des infrastructures ni des ressources nécessaires pour accueillir dignement un nombre croissant de personnes rapatriées. Le GARR souligne également que les transferts d’argent de la diaspora constituent un pilier de l’économie haïtienne et permettent à des milliers de familles de subvenir à leurs besoins. Une réduction de cette présence haïtienne à l’étranger pourrait donc avoir des conséquences économiques importantes.
Dans son rapport semestriel sur la migration, le GARR révèle que 140 018 Haïtiens ont été rapatriés au cours des six premiers mois de l’année 2026, principalement depuis la République dominicaine. Parmi eux figurent 94 435 hommes, 34 440 femmes, 5 779 filles et 5 364 garçons.
Les principaux points frontaliers enregistrant ces retours sont Belladère, avec 53 654 rapatriements, suivie de Ouanaminthe (51 788), Malpasse (21 656) et Anse-à-Pitres (12 970). Le GARR souligne que ces chiffres dépassent ceux enregistrés à la même période en 2025, où 125 714 personnes avaient été rapatriées.
L’organisation indique également que des expulsions de ressortissants haïtiens proviennent d’autres pays, notamment des États-Unis, des Bahamas, des Îles Turks-et-Caïcos et de la Jamaïque, accentuant la pression sur un pays déjà confronté à une crise multidimensionnelle.
Face à cette situation, le GARR appelle les autorités haïtiennes à mettre en place une véritable politique d’accueil et de réinsertion des personnes rapatriées. L’organisation exhorte également la communauté internationale à prendre en compte la gravité de la crise humanitaire en Haïti avant toute décision susceptible d’accroître le nombre de déportations vers le pays.
