
L’action militaire menée par les États-Unis sur le territoire vénézuélien, conclue par l’interpellation du président Nicolás Maduro, constitue une escalade majeure dans un contentieux diplomatique déjà ancien entre Caracas et Washington. Justifiée par les autorités américaines comme une réponse à des accusations de liens entre le pouvoir chaviste et des réseaux internationaux de narcotrafic et de terrorisme, l’opération s’est accompagnée d’un bilan humain particulièrement lourd.Caracas,
Caracas, janvier 2026
D’après des informations relayées par le New York Times, les opérations navales américaines visant des embarcations soupçonnées de trafic illicite auraient causé la mort d’au moins 115 personnes lors de 35 attaques en mer, menées entre septembre et la fin du mois de décembre. À ces chiffres s’ajoutent plus de 80 décès enregistrés lors des frappes aériennes effectuées au début du mois de janvier dans la capitale vénézuélienne. Aucune donnée précise n’a toutefois été communiquée concernant les zones exactes touchées ni les circonstances des bombardements.
Un conflit qui s’inscrit dans la durée
La dégradation des relations entre les deux pays s’est opérée progressivement. Dès mars 2020, sous la première administration Trump, la justice américaine avait engagé des poursuites contre Nicolás Maduro pour des faits liés au narcotrafic. La crise politique s’est ensuite aggravée après l’élection présidentielle vénézuélienne de 2024, largement contestée, à l’issue de laquelle Washington a reconnu l’opposant Edmundo González comme chef d’État légitime, renforçant l’isolement international du régime chaviste.En 2025, un nouveau seuil a été franchi lorsque l’administration Trump a inscrit le « Cartel de los Soles » sur la liste des organisations terroristes. Cette décision a ouvert la voie à des interventions militaires directes. Depuis, plus d’une trentaine d’opérations ont été conduites dans la mer des Caraïbes, tandis qu’une récompense de 50 millions de dollars avait été promise pour toute information menant à l’arrestation de Nicolás Maduro. Sa capture, le 3 janvier, a ravivé le débat mondial sur le respect de la souveraineté des États.
La réaction de « Nicolasito »Peu après l’arrestation de son père
Nicolás Maduro Guerra, surnommé « Nicolasito » et lui-même visé par des accusations de narcotrafic, a pris la parole dans un message à tonalité combative. Il a affirmé que le camp chaviste resterait mobilisé aux côtés de la population et a rejeté toute idée d’affaiblissement.Il a également dénoncé ce qu’il qualifie de trahison interne, évoquant l’existence de rumeurs faisant état d’un espion ayant facilité l’enlèvement de son père. Selon lui, l’histoire finira par désigner les responsables.
Procédure judiciaire à New York
Nicolás Maduro et son épouse seraient actuellement détenus aux États-Unis, au Metropolitan Detention Center (MDC) de Brooklyn. L’ancien président vénézuélien doit comparaître ce lundi à midi devant un tribunal fédéral de Manhattan. Le dossier sera instruit par le juge Alvin K. Hellerstein.Dans une déclaration à l’AFP, Me Olivier Piton, avocat inscrit aux barreaux de Washington et de Paris, a précisé que Nicolás Maduro serait jugé « comme un criminel de droit commun et non en tant que chef d’État ». Il estime que l’ancien président pourrait rester incarcéré plusieurs mois avant son procès et encourir, en cas de condamnation, de lourdes peines de prison, sans toutefois risquer la peine capitale.
